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JO: le dressage français sur la pointe des pieds

vendredi 25 jui, 12 h 01

par Julien Prétot

ROTTERDAM (Reuters) - Loin de Pékin, l'équipe de France de dressage va devoir se battre aux Jeux olympiques contre des adversaires trop forts pour elle et le manque de médiatisation.

Pour leur première participation par équipes depuis 1996, les Français disputeront leurs épreuves à Hong Kong, loin de l'ambiance des Jeux en raison de la pollution.

Julia Chevanne, Hubert Perring et Marc Boblet forment la première équipe de France olympique de dressage depuis les Jeux d'Atlanta, où Margit Otto-Crépin, Dominique d'Esmé, Dominique Brieussel et Marie-Hélène Syre avaient pris la quatrième place.

Un tel résultat serait un véritable exploit pour les trois couples français à Hong Kong. S'ils se faisaient des illusions, ces dernières ont été balayées avec le forfait de Karen Tebar et Falada M à deux jours du départ.

Hubert Perring, qui disputera ses premiers Jeux avec Diabolo St Maurice, un alezan selle français de 16 ans, estime que le déficit de la France en dressage est structurel.

"Cela marche toujours par à-coups. Il n'y a rien de régulier qui est fait pour le dressage, c'est dommage," disait le garde républicain à Reuters au CHIO de Rotterdam.

"Pour que ça aille, il faudrait un peu plus de bons chevaux car ce ne sont pas les bons cavaliers qui manquent."

Si les moyens accordés au saut d'obstacle sont considérables, les cavaliers de dressage doivent souvent se contenter de travailler seuls.

"La fédération n'est pas faite pour vous acheter des chevaux. Si elle peut vous mettre en relation avec un mécène ou un sponsor, ce serait déjà bien. C'est une idée mais à ma connaissance, ça ne se fait pas."

Si les cavaliers sont fiers de disputer les Jeux par équipes, précisément l'année où, joli pied de nez, le jumping français ne sera pas représenté, l'enthousiasme n'est pas palpable.

AMBITION MODESTE

"Ca ne va pas être la même chose (qu'à Athènes)", estime Julia Chevanne, qui avait manqué la qualification pour le Grand Prix Spécial d'une place il y a quatre ans.

"Comme on n'est pas du tout avec les autres disciplines ça va faire bizarre. Ca reste des Jeux olympiques mais c'est un peu dommage."

"C'est quand même le rêve de tout sportif", corrige Perring, qui n'a pas goûté à l'ivresse des Jeux d'Athènes.

Alors on essaie de faire contre moyenne fortune bon coeur.

"On y va parce que ce sont les JO, on y va pour le sport", dit Julia Chevanne.

"Les conditions ne sont pas les meilleures, j'aurais préféré que ce soit en Europe. A Hong Kong, c'est une contrainte pour les chevaux, on a peur. Mais on est super content d'être qualifié."

L'ambition des cavaliers français est modeste. Julia Chevanne tentera de se qualifier pour la reprise libre en musique, la finale du concours qui réunit les 15 meilleurs.

"Si on est en rappel pour le (Grand Prix) Spécial, c'est génial", estime Julia Chevanne.

Pour le classement par équipes, très loin derrière l'Allemagne et les Pays-Bas, il s'agira de limiter la casse.

De l'aveu même d'Hubert Perring, il y a plusieurs classes d'écart entre les couples français et la Néerlandaise Anky van Grunsven, grande favorite sur Salinero et championne olympique en titre.

"Elle, c'est une superstar, c'est la classe à l'état pur, comme Isabell Werth et deux trois autres", reconnaît Hubert Perring.

Edité par Patrick Vignal

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