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Rugby: la France n'en pouvait plus face aux Wallabies

dimanche 6 jui, 05 h 57

BRISBANE, Australie (Reuters) - Privée de ses meilleurs joueurs, éreintée par une saison de plus d'un an, incapable de mettre en place son projet de jeu ambitieux, l'équipe de France a accumulé déception et frustration lors de sa tournée en Australie.

En deux tests, les Bleus ont encaissé 74 points et n'en ont inscrit que 23. Ils ont subi au passage leur plus lourde défaite en 80 ans de confrontations face aux Wallabies (40-10 samedi à Brisbane).

Ils ont perdu plusieurs joueurs sur blessure et les autres n'ont pas su ou pu mettre en place le jeu prôné par leurs entraîneurs.

Cette tournée australe vouée à l'échec avant même le coup d'envoi du premier des deux tests a clos tristement une saison qui aura duré 53 semaines, Coupe du monde oblige.

Dans les couloirs du stade de Brisbane, joueurs et entraîneurs partageaient les mêmes mots pour décrire leurs sentiments.

"De l'abattement", a soufflé le coach Marc Lièvremont. "De la déception", a renvoyé en écho Sébastien Chabal. "J'ai connu meilleure fin de saison", a lâché Louis Picamoles.

Débutée dans l'euphorie d'une jeunesse souriante avec ses 12 novices sur 26 joueurs, la tournée en Australie s'est achevée sur une seconde défaite record à Brisbane après le premier revers subi à Sydney le 28 juin (34-13).

DINGUE

"C'est un truc de dingue", a réagi David Ellis, le spécialiste de la défense du XV de France. "On a commencé la saison le 1er juillet 2007 et on la finit le 5 juillet 2008!"

Il n'en dira pas plus mais la fatigue générale caractérisée par les crampes de Thibault Lacroix à l'heure de jeu, les blessures d'Elhorga, Faure, Couzinet, Traille, Mermoz, Picamoles, Trinh-Duc, Ouedraogo et Harinordoquy durant la tournée suffisent. Plus d'un tiers du groupe a été touché.

Le contexte de cette tournée n'était guère favorable, avec une forme déclinante au bout d'une saison usante face à un adversaire australien en pleine préparation du Tri Nations.

Surtout, le principal écueil aura été l'absence de trop nombreux cadres, retenus en métropole pour disputer les demi-finales du Top 14.

"Nous continuons notre revue d'effectif", disait Marc Lièvremont à Sydney avant le premier des deux tests. "Ils vont passer au révélateur du plus haut niveau."

Ce révélateur australien a rendu un verdict implacable: jamais les Bleus n'ont été en mesure d'espérer remporter l'un des deux tests.

Encadrés par quelques anciens, les 12 nouveaux Bleus n'ont pas démérité. Ils ont manifesté courage et engagement mais n'ont jamais pu se hisser au niveau de l'opposition.

Reste le constat inquiétant proposé par Emile Ntamack, adjoint de Lièvremont: "Nous proposons un jeu que les joueurs n'ont pas l'habitude de pratiquer en club, il nous aurait fallu plus de temps, plus de fraîcheur."

Edité par Bertrand Boucey

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