La Presse Canadienne

Les quatre chefs mènent un blitz final avant l'élection

lundi 13 oct, 17 h 01

Par Isabelle Rodrigue

MONTREAL - D'est en ouest, Stéphane Dion et Stephen Harper ont pratiquement fait un trajet similaire, lundi, dans un dernier effort avant le jour crucial qui déterminera le prochain premier ministre du Canada, ce mardi.

Peu importe la foule de sympathisants devant eux, que ce soit à Fredericton ou en Colombie-Britannique, les deux chefs ont répété sans relâche leurs arguments, tapant encore une fois sur l'économie pour tenter de rallier les électeurs encore indécis.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a concentré ses dernières heures de campagne dans une circonscription que le Bloc voudrait bien reconquérir, dans une région qui lui a échappé graduellement depuis 2006.

De passage à Dolbeau-Mistassini, dans la circonscription de Roberval-Lac-Saint-Jean, M. Duceppe a misé sur la fierté des "Bleuets" pour venir à bout des dernières réticences. Les candidats conservateurs ont beau faire des promesses alléchantes, a dit M. Duceppe, leur chef viendra toujours contrecarrer le Québec.

"Ce n'est pas le candidat conservateur qui est principalement en cause, mais c'est le carcan qui lui est imposé", a-t-il déclaré devant des dizaines de militants réunis dans un local électoral à Dolbeau-Mistassini, en matinée. Selon M. Duceppe, Denis Lebel a dû obéir à son chef, Stephen Harper, et oublier les intérêts de la région.

Tout indique que le Bloc québécois raflera la mise au Québec, mardi. Les plus récents sondages les placent loin en avance, devant les conservateurs et les libéraux qui en sont résolus à redoubler d'efforts pour tenter de préserver les acquis. En fait, Gilles Duceppe semble le seul chef à être assuré de faire des gains au Québec.

Ailleurs au Canada, les appuis demeurent volatiles, et ce n'est pas un hasard si les chefs conservateur, libéral et néo-démocrate ont passé la journée à arpenter les comtés où la lutte s'annonce serrée.

A Fredericton, où il a commencé son périple pancanadien lundi, M. Dion a exhorté une nouvelle fois les électeurs qui seraient tentés de voter pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert d'y penser deux fois avant de cocher une case de leur bulletin de vote.

Pour éviter de faire élire à nouveau M. Harper, Stéphane Dion a demandé aux citoyens d'opter pour un "vote de conviction", préférant cette expression à celle de "vote stratégique".

"Divisés, rien n'est possible. Unis, tout est possible. Voilà le message, partout au Canada", a scandé M. Dion, qui a accusé son adversaire conservateur de mentir sur le plan libéral.

M. Harper, qui n'a pas accordé de point de presse pour une deuxième journée consécutive, a réitéré dans ses discours ses attaques contre les libéraux, dépeignant leur plan de taxe sur le carbone comme une menace pour l'économie.

"Si vous voulez un premier ministre qui protégera l'économie canadienne, je vous demande un mandat. Si vous voulez un premier ministre qui va faire des expériences avec l'économie, et bien donnez à M. Dion un mandat pour imposer sa taxe sur le carbone", a-t-il déclaré, lui aussi en campagne à Fredericton.

Le chef du NPD, Jack Layton, a lui aussi multiplié les arrêts de campagne lundi, mais en se concentrant surtout sur Toronto. Mettant conservateurs et libéraux dans le même sac, M. Layton a continué de soutenir qu'il sera le prochain premier ministre, refusant de croire les coups de sonde des maisons de sondage.

Il n'a pas fermé catégoriquement la porte à une coalition en vue de former un gouvernement, sans néanmoins se montrer très précis. "Mercredi, on pourra discuter des possibilités. Maintenant, les Canadiens, des millions d'électeurs, ont un choix à faire. Ils ont une occasion en or de mettre Stephen Harper à la porte et moi, je demande aux gens de le faire en votant pour le NPD", a dit M. Layton.

RECOMMANDEZ CET ARTICLE

Notez-la ou Votez:

Moyenne (Not Rated)

0.0 Étoiles