samedi 11 oct, 18 h 11
Par Fannie Olivier, La Presse Canadienne
Vaughan, Ontario - Stéphane Dion ne toucherait pas à son "Tournant vert" mais pourrait retarder la mise en oeuvre de d'autres éléments de son programme électoral dans l'éventualité d'une crise économique globale, s'il était élu premier ministre, mardi.
Dans une entrevue accordée au réseau de télévision Global, le chef libéral a indiqué samedi à Toronto que la bonification des programmes, tels que ceux destinés à la famille et la santé, pourrait être retardée à la troisième ou quatrième année d'un mandat libéral.
Le "Tournant vert" n'écoperait pas, puisque M. Dion juge que les retours d'impôts qui y sont associés seraient des stimulants pour l'économie.
M. Dion a expliqué qu'aucun objectif du Parti libéral du Canada (PLC) ne serait remis en cause, si une crise s'abattait sur le pays, mais que certains éléments de son programme seraient simplement remis à plus tard.
"C'est un plan sur quatre ans. Nous allons le mettre en oeuvre en dépit du fiasco économique hérité des conservateurs", a-t-il indiqué en milieu de journée lors d'un point de presse à Orillia.
Interrogé sur la perspective de retarder son "Tournant vert" plutôt que d'autres aspects de sa programme, il a réitéré la pertinence économique de sa taxe verte.
"On a besoin de couper les taxes sur ce qui crée de l'activité économique (...). Nous savons que c'est une bonne politique", a-t-il lancé, ajoutant que les économistes étaient d'accord avec lui.
"Tous (les économistes) sauf un, et il est encore premier ministre du Canada", a-t-il réitéré, un message qu'il martèle depuis plusieurs semaines.
Selon M. Dion, les revenus générés par sa taxe sur le carbone permettraient d'abaisser les impôts des familles ainsi que ceux des petites et moyennes entreprises.
Le chef conservateur n'a pas manqué l'occasion de tourner en dérision la possibilité pour M. Dion de remettre à plus tard des points de sa plateforme.
"En fait, aujourd'hui, M. Dion a dit qu'il pourrait ne rien mettre en oeuvre de sa plateforme, ni pour la santé, ni pour les services de garde, ni pour autre chose, et ce, pendant des années", a déclaré Stephen Harper à Guelph, en Ontario.
"Mais il va imposer une taxe sur le carbone sur notre économie en n'importe quelle circonstance", a-t-il raillé.
En campagne à Montréal, le chef néo-démocrate a lui aussi voulu mettre son grain de sel, cette affirmation de M. Dion signifiant pour lui que le chef libéral "n'a pas considéré les implications politiques de ses décisions".
M. Dion a passé la journée de samedi en Ontario, une province où les libéraux espèrent faire des gains, au cours d'un dernier sprint avant les élections de mardi.
Et pour rassembler un maximum d'électeurs derrière lui, le leader du PLC a choisi de serrer des mains en véritable marathonien. Il a pris un bain de foule lorsqu'il a visité un marché en plein air à Orillia sous un soleil d'automne radieux, achetant des tomates et discutant avec les commerçants.
Les libéraux ont perdu aux mains des conservateurs en 2006 le comté de Simcoe-Nord qui lui avait longtemps été fidèle par à peine un millier de votes et espèrent que la venue de leur chef leur permettra de s'en approprier à nouveau.
Mais à trois jours des élections, ce ne sont pas uniquement les circonscriptions convoitées que M. Dion a voulu visiter, mais également celles qui lui sont acquises et qu'il souhaite conserver.
Ainsi, ses arrêts samedi comprenaient également les circonscription de Newmarket-Aurora, l'ancien comté de Belinda Stonach dans lequel un nouveau candidat tente de se faire élire, ainsi que celle de Vaughan où se présente Maurizio Bevilacqua, qui siège aux Communes depuis vingt ans.
Le leader libéral devrait encore faire campagne en Ontario dimanche, pour une troisième journée consécutive.
Puis, il s'envolera pour le Nouveau-Brunswick, à partir duquel il entend faire la traversée du pays d'est en ouest avec quelques arrêts en route pour le tout dernier jour précédant le scrutin.
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