vendredi 10 oct, 18 h 14
Par Malcolm Morrison, La Presse Canadienne
TORONTO - Les marchés nord-américains ont connu une journée difficile, vendredi, alors que la Bourse de Toronto a clôturé à son plus faible niveau en près de quatre ans en raison d'importants désinvestissements dans les secteurs de l'énergie et des métaux.
Le secteur financier a aussi reculé, malgré l'annonce par le gouvernement canadien d'une nouvelle mesure pour aider les grandes banques.
L'indice composite S&P/TSX a connu une dégringolade de 750 points au cours de la journée, avant de reprendre un peu de mieux pour terminer en baisse de 535,02 points, à 9065,16.
La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles, qui cédait près de 700 points pendant la séance, a finalement enregistré un recul de 128 points, à 8451,19.
Selon Kate Warne, une spécialiste des marchés canadiens chez Edward Jones, à St. Louis, les émotions influencent le comportement des investisseurs.
"Ce genre de désinvestissement sur fond de peur ne se poursuit habituellement pas jour après jour, comme nous l'avons vu jusqu'à maintenant, a-t-elle expliqué. Il est difficile de prévoir ce qui fera changer la situation, mais nous savons qu'un changement peut survenir très rapidement."
Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, a annoncé vendredi que le gouvernement fédéral s'apprête à racheter jusqu'à 25 milliards $ de blocs de prêts hypothécaires assurés, par l'entremise de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, dans l'espoir de maintenir la disponibilité du crédit.
Les investisseurs ont bien réagi à l'annonce de la nouvelle, mais le secteur a ensuite reculé de 3,3 pour cent. La Banque Royale (TSX:RY) a ainsi perdu 40 cents, à 41 $, et la Banque Scotia (TSX:BNS) a cédé 1,33 $, à 39,98 $.
Les grandes banques canadiennes ont par ailleurs signalé, après l'annonce du ministre Flaherty, que leurs clients profiteront d'une nouvelle réduction de leur taux préférentiel.
TD Canada Trust (TSX:TD) et CIBC (TSX:CM) ont annoncé la réduction de leur taux préférentiel de 0,15 point de pourcentage à 4,35 pour cent, en vigueur à partir de mardi prochain. La Banque Scotia, la Banque de Montréal et la Banque Royale le réduiront d'un quart de point de pourcentage, à 4,25 pour cent.
Les grandes banques canadiennes ont été critiquées plus tôt cette semaine pour n'avoir retransmis à leurs clients qu'une partie de la réduction d'un demi-point de pourcentage du taux directeur de la Banque du Canada en raison de la volatilité des marchés du crédit.
Le secteur de l'énergie a perdu plus de huit pour cent à Toronto vendredi, le baril de pétrole ayant abandonné 8,89 $ US, à 77,70 $ US, à la Bourse des matières premières de New York (Nymex).
Les mauvaises conditions économiques et la chute des prix du pétrole ont aussi fait plonger le dollar canadien, qui a brièvement reculé de cinq cents vendredi. Il a finalement terminé la journée à 84,69 cents US, en baisse de 2,59 cents US.
Le dollar a perdu 7,77 cents, ou 8,4 pour cent, au cours de la semaine.
"Les perspectives d'avenir de l'économie mondiale sont chancelantes et, par conséquent, les perspectives pour les matières premières connaissent le même sort. Cela affecte énormément le dollar, a souligné Michael Gregory, économiste chez BMO Marchés des capitaux.
"Même la Chine, le moteur de la croissance économique mondiale, a réduit ses taux d'intérêts cette semaine, dans l'espoir d'empêcher un ralentissement de la croissance. Les perspectives sont plutôt sombres pour les matières premières."
La Bourse de croissance TSXV a conclu sa séance avec une baisse de 71,47 points, à 975,81.
L'indice composite du Nasdaq a pris 4,39 points, Ã 1649,51 points, tandis que le S&P 500 a perdu 10,7 points, Ã 899,22 points.
A Toronto, le marché de l'or a enregistré une baisse de 11 pour cent lorsque le cours de l'once d'or sur le Nymex, pour livraison en décembre, a clôturé à 859 $ US, une baisse de 27,50 $ US.
Par ailleurs, les places financières européennes ont imité les marchés nord-américains en poursuivant leur plongeon, vendredi.
A Paris, le CAC 40 a terminé vendredi en baisse de 7,73 pour cent à 3176,49 points. A Londres, le FTSE 100 perdait à la clôture 8,9 pour cent, à 3932,06 points, passant sous la barre des 4000 points pour la première fois depuis cinq ans.
A Francfort, le DAX a fini sur une chute de 7 pour cent, à 4544,31 points. Tous ces indices étaient à des niveaux encore plus bas au moment où Wall Street a ouvert.
Les marchés ont dû être suspendus pour des temps plus ou moins long en Autriche, en Islande, en Roumanie et en Ukraine. En Russie, les places financières n'ont pas ouvert de la journée. Au Brésil, le principal indice perdait plus de 8 pour cent dès l'ouverture de la Bourse, tandis qu'au Mexique, la banque centrale a décidé de vendre 6,4 milliards $ de réserves pour tenter de redresser le cours du peso.
Un peu plus tôt, les bourses asiatiques avaient elles aussi terminé en forte baisse. A Tokyo, le Nikkei a perdu 9,6 pour cent à la clôture vendredi, dégringolant de 881,06 points à 8276,43 points, son plus bas niveau depuis mai 2003. C'est la plus forte baisse de l'indice nippon depuis le krach d'octobre 1987.
Les principaux indices à Hong Kong, Singapour, aux Philippines et en Inde ont tous chuté d'environ 8 pour cent. A Shangaï, l'indice composite a terminé sur un déclin plus modéré de 3,6 pour cent.
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