dimanche 6 jui, 14 h 16
Par Manal Ahmad, Associated Press
ISLAMABAD - Un attentat-suicide devant un poste de police a fait au moins 15 morts dimanche soir à Islamabad, selon les autorités pakistanaises. L'attentat, qui a visé des policiers, intervient alors que des milliers d'islamistes étaient réunis non loin de là pour marquer le premier anniversaire de l'assaut meurtrier de l'armée contre une mosquée fondamentaliste, la Mosquée rouge, mais on ignorait pour l'heure si les deux événements sont liés.
D'après un porte-parole de la police, Naeem Iqbal, l'explosion a tué au moins 15 personnes, essentiellement des policiers, et fait des dizaines de blessés. Le kamikaze a déclenché sa charge en face du poste de police, devant lequel étaient rassemblés une vingtaine de policiers. La chaussée était maculée de taches de sang et des débris humains ont été éparpillés sur une cinquantaine de mètres, ainsi qu'une importante quantité d'éclats de verre. La police a bouclé les environs tandis que les services de secours évacuaient les victimes.
D'après le ministère de l'Intérieur, le kamikaze, selon les témoignages, était un homme d'environ 35 ans qui s'est précipité vers le groupe de policiers et a fait exploser sa charge. La "partie supérieure" de son cadavre déchiqueté par la déflagration a été retrouvée.
Le Dr Imtiaz Khan, médecin de l'Hôpital des services du gouvernement fédéral à Islamabad, a précisé que 36 blessés, tous des policiers, avaient été admis dans l'établissement. Deux sont morts et 12 se trouvaient dans un état critique.
L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais des mouvements islamistes pakistanais avaient annoncé des réprésailles à l'opération lancée le 28 juin par les forces de sécurité dans le nord-ouest du pays. Cette vaste opération dans la région tribale de Khyber visait selon Islamabad à desserrer l'étau des mouvements extrémistes sur la ville de Peshawar et à sécuriser la route stratégique vers l'Afghanistan. Elle a été suspendue samedi pour laisser un conseil tribal tenter de négocier avec un responsable des combattants fondamentalistes.
A moins d'un kilomètre du lieu de l'attentat, quelque 3.000 islamistes se sont rassemblés devant la Mosquée Rouge, où l'assaut des forces pakistanaises après une semaine de siège a fait l'an dernier 102 morts selon un bilan officiel. "Assassin! Assassin! (Le président Pervez) Musharraf est un assassin!", ont notamment scandé les manifestants dont certains ont réclamé la pendaison en public du chef de l'Etat.
Un porte-parole de la Mosquée Rouge, Mohammed Amir Siddiq, a toutefois condamné l'attentat "tragique", ajoutant que des prières avaient été dites à la mémoire des victimes. Dans une déclaration, la présidence française de l'Union européenne a condamné cet attentat "avec la plus grande fermeté" et assuré le gouvernement pakistanais "de son soutien dans la lutte contre le terrorisme".
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