La Presse Canadienne

Les "extrémophiles" aident les chercheurs en quête d'une vie extraterrestre

lundi 23 jui, 10 h 52

Par Alicia Chang, Associated Press

LOS ANGELES - La présence d'étranges microbes dans des environnements extrêmes sur Terre suscite l'intérêt des scientifiques à la recherche d'une vie extraterrestre, une quête à laquelle pourrait contribuer la sonde américaine Phoenix Mars, arrivée sur la planète rouge le 25 mai.

D'étranges micro-organismes prospèrent dans les milieux les plus hostiles sur Terre, comme le désert de l'Atacama au Chili, les sources d'eau bouillante du parc national de Yellowstone aux Etats-Unis ou des failles du plancher océanique dans les profondeurs ténébreuses du Pacifique.

Une telle forme de vie exotique est-elle possible dans la froide région arctique, proche du pôle nord de Mars, où Phoenix s'est posé le mois dernier? Le robot géologue, qui ramasse des échantillons de sol pour les étudier à l'aide d'un minuscule four et d'un microscope, n'a pas à ce jour apporté la réponse.

Mais il a découvert une piste prometteuse dans deux sillons qu'il a creusés: ce qui semble être de la glace. Les astronomes espèrent que les instruments scientifiques de la sonde permettront de savoir si les échantillons prélevés contiennent de l'eau et des éléments comme le carbone, l'hydrogène et l'azote. "Nous cherchons les ingrédients de base qui permettraient à la vie de prospérer dans cet environnement", explique le chef scientifique de la mission Peter Smith, de l'université d'Arizona.

La découverte ces dernières années de formes de vie extrêmes, connues sous le nom d'extrémophiles, dans les lieux les plus inhospitaliers de la Terre, aide les astronomes dans leur quête d'une possible vie extraterrestre. "Cela laisse penser que de nombreux mondes pourraient abriter la vie alors qu'à première vue ils ne présentent pas les meilleures conditions", souligne l'astronome Seth Shostak, de l'Institut SETI, une organisation à but non lucratif qui se consacre à la recherche d'une intelligence extraterrestre.

Il n'existe actuellement aucune preuve que la vie soit jamais apparue sur Mars. Mais si la planète rouge a abrité dans le passé ou abrite actuellement une forme de vie, ce qui relève de la pure hypothèse, elle pourrait être très similaire à certains extrémophiles terrestres: microscopique et résistante.

"Ce seraient des microbes, pas un petit homme vert", souligne Kenneth Stedman, un biologiste du Centre pour la vie dans les environnements extrêmes de l'université d'Etat de Portland. Les extrémophiles sont de taille et de forme variable. Vus au microscope, certains ressemblent à des tire-bouchons miniatures quand d'autres sont semblables à des bâtonnets ou de forme irrégulière.

Phoenix ne possède pas d'instrument permettant d'identifier des fossiles ou des êtres vivants. Mais il est doté de huit minuscules fours et d'un analyseur de gaz capables d'analyser le sol pour détecter des éléments favorables à la vie, comme de l'eau.

La plupart des chercheurs estiment que la vie ne peut se développer à la surface de Mars, qui est bombardée par des doses létales de radiation. Mais la planète pourrait abriter une vaste étendue de glace sous la surface dans les régions polaires. Reste que même si Phoenix découvre des conditions permettant la présence de microbes, une autre sonde plus sophistiquée sera nécessaire pour déterminer si une forme de vie a jamais existé et existe encore sur Mars.

La dernière fois que la NASA a cherché des matières organiques sur Mars remonte à 1976 avec les missions Viking, qui ont prélevé des échantillons du sol près de l'équateur martien mais n'ont rien trouvé.

Phoenix s'est posé dans les plaines arctiques de Mars le 25 mai après un voyage de 679 millions de kilomètres. Les scientifiques ont cette fois choisi de prospecter dans la région arctique car ils pensent qu'elle est analogue aux régions polaires terrestre, qui préservent dans la glace des constituants essentiels de la vie et parfois la vie elle-même. Des chercheurs ont montré que des microbes sur Terre peuvent être inactifs en étant congelés pendant des milliers d'années et "ressusciter" si les conditions sont réunies.

Pour Kenneth Stedman, il faut continuer à étudier les extrémophiles sur Terre pour pouvoir mieux chercher d'éventuelles traces de vie sur Mars et ailleurs dans l'univers.

lma/v287/st

Sur Internet:

Phoenix Mars: http://phoenix.lpl.arizona.edu/index.php

RECOMMANDEZ CET ARTICLE

Notez-la ou Votez:

Moyenne (Not Rated)

0.0 Étoiles