dimanche 6 jui, 12 h 36
PARIS (AFP) - Rassurée sur son état de santé par les médecins à Paris, l'ex-otage Ingrid Betancourt a pu consacrer dimanche du temps à ses amis et à sa famille, s'écartant un peu du tourbillon médiatique déclenché par sa libération en dépit d'un programme qui s'annonce encore chargé.
Désireuse de se "déconnecter un petit peu", Ingrid Betancourt a déjeuné dans un restaurant parisien avec l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, son "ami" et ancien professeur à Sciences-Po.
Dominique de Villepin, qui s'était personnellement investi dans sa libération, n'était pas présent lors de son arrivée vendredi à Paris, ni à la réception à l'Elysée. La joie de cette libération, "si je voulais la partager avec quelqu'un, c'était évidemment avec lui", a expliqué dimanche l'ex-otage. Aux journalistes qui lui demandaient ce qu'il ressentait, M. de Villepin a répondu: "Il n'y a pas de mots".
Tous deux se sont ensuite rendus à pied à l'église Saint-Sulpice (VIe) où Ingrid Betancourt a prié, à ses côtés. Très pieuse, ayant à de nombreuses reprises remercié Dieu pour le "miracle" de sa libération, elle devait assister en fin d'après-midi à une messe au Sacré Coeur à Montmartre.
En ce dimanche de repos, Ingrid Betancourt a tout de même tenu à s'adresser aux otages toujours détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dans la jungle. "Je sais que la liberté est pour très bientôt", leur a-t-elle assuré depuis l'hôtel Raphael, où elle séjourne. Elle s'exprimait en direct sur radio Caracol, dans l'émission que les otages des Farc peuvent entendre de minuit à cinq heures du matin.
Ingrid Betancourt affirme désormais vouloir passer plus de temps "toute seule" avec ses enfants, Mélanie, 22 ans, et Lorenzo, 19 ans.
"On a soif d'être ensemble pour avoir des heures devant nous, à nous raconter plein de choses", a-t-elle assuré samedi soir, visiblement épuisée, sur France 3.
Déclarations, interviews, réceptions officielles: depuis qu'elle a quitté mercredi la jungle grâce à une opération de l'armée colombienne, l'ex-otage ne cesse de raconter sa détention de six ans et quatre mois, sa joie face à la liberté retrouvée et de remercier ceux qui l'ont soutenue.
A Paris, elle "voulait dire aux Français combien (elle) les aime". "J'en avais besoin, tout autant que de repos", a-t-elle confié.
Les médecins, qui l'ont examinée longuement samedi à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, lui ont fortement recommandé de se reposer.
Pour le reste, ils "m'ont comblée de bonnes nouvelles", a assuré Ingrid Betancourt, "très surprise" de ne pas avoir de séquelles physiques après les maladies et les sévices qu'elle raconte avoir subi lors de sa captivité.
Mais l'emploi du temps d'Ingrid Betancourt, qui pense "rentrer en Colombie dans quelques jours", devrait rester chargé. Elle pourrait être notamment reçue rapidement à l'Assemblée.
L'ex-otage a également émis le souhait de se rendre la semaine prochaine au Vatican pour y rencontrer le pape Benoît XVI et à Lourdes.
Elle a également été conviée par Nicolas Sarkozy à assister au défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées, aux côtés d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, et devrait recevoir ce jour-là la légion d'honneur.
A plus long terme, Ingrid Betancourt assure vouloir en priorité "lutter pour faire libérer les otages en Colombie et dans le reste du monde".
Elle pense également à l'écriture d'une pièce de théâtre "pour que les gens comprennent (...) ce que nous sommes au fond de nous: nous pouvons être des anges, mais nous pouvons aussi être des démons pour l'autre".
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