jeudi 22 mai, 16 h 22
Le nouveau président-directeur général de Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, a prononcé sa première allocution publique depuis son entrée en fonction, devant les membres de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision.
M. Lacroix a livré sa vision de la place de la Société Radio-Canada dans un environnement qui se redéfinit à un rythme accéléré.
Dans une entrevue accordée à l'émission C'est bien le meilleur le matin, le PDG de CBC/SRC a donné une idée de la nouvelle relation qu'il souhaite voir s'établir entre la société et le public canadien.
Actuellement, Hubert Lacroix reconnaît que la relation avec le public est déjà forte. Il souhaite établir une nouvelle relation sur la base du protocole d'entente mis de l'avant dans le rapport sur la spécificité de CBC/Radio-Canada, publié par le Comité permanent du patrimoine canadien, en février dernier.
Financement stable à long terme
Le protocole défend le concept d'un financement stable sur une période de sept ans, souligne M. Lacroix. Idée à laquelle il adhère parce qu'il voudrait pouvoir planifier sur des cycles budgétaires supérieurs à douze mois. « Je ne connais pas beaucoup d'entreprises qui fonctionnent sur une planification stratégique de 12 mois. Ce qui me briserait le coeur, c'est de ne pas pouvoir écrire un nouveau contrat avec le gouvernement fédéral qui nous permettrait d'avoir un financement stable », affirme Hubert Lacroix.
Il ajoute qu'il respectera toutes les mesures de performance qu'on voudra imposer à la société.
Côte d'écoute et champs d'action
À la question de savoir quels types de performance le Parlement canadien peut exiger de Radio-Canada, Hubert Lacroix répond qu'il faut, avant toute chose, définir les champs d'action dans lesquels le gouvernement veut lancer la société. Il donne comme premier exemple celui des cotes d'écoute.
Mais, pour lui, il y a plus que les cotes d'écoute. Il cite, comme champ d'action possible, l'envoi du signal de Radio-Canada à un plus grand nombre de Canadiens, vers un public qui n'écoute pas la SRC. « S'il faut investir dans notre infrastructure, ça serait très facile de mettre des budgets sur la performance parce qu'on parlerait à ce moment-là de géographie », affirme M. Lacroix.
Concurrencer les chaînes spécialisées
Le problème des chaînes spécialisées qui grugent les budgets publicitaires le préoccupe. Mais il ajoute : « On parle d'offre ». Il mentionne les nouvelles plate-formes qui s'ajoutent aux plate-formes traditionnelles de la radio et de la télévision.
Le PDG de CBC/Radio-Canada rejette la comparaison que tout le monde s'amuse à faire avec la BBC, la télévision publique britannique. « Vous savez que la BBC a quatre fois notre budget. Le nouveau président-directeur général, Mark Thompson, vient d'annoncer qu'il va faire passer le budget des services Internet de 200 millions de dollars américains par année à 800 millions. C'est la moitié du budget total de CBC/Radio-Canada ».
En conclusion, M. Lacroix a souligné la nécessité de pas se limiter, pour la société, à ce qu'elle fait en ce moment. Selon lui, il faut faire comprendre au gouvernement fédéral et au public que CBC/Radio-Canada, c'est beaucoup plus que ce qu'on écoute ou ce qu'on voit.
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